Face aux attaques des politiques DEI, la résilience

Publié le Lundi 31 mars 2025

Qui a peur du grand méchant woke ?

Ces dernières années, difficile de passer à côté des titres chocs qui reviennent régulièrement dans la presse : de « L’invasion de la propagande woke » (Valeurs Actuelles) à « L’offensive woke » (Le Figaro), en passant par la présentation de l’écriture inclusive comme un « péril mortel » pour la langue française (L’Académie Française), il n’est pas surprenant que les Responsables D&I soient confronté·es à des résistances de plus en plus marquées concernant le déploiement de politiques d’inclusion. 

Comme une énième incarnation des attaques auxquelles font face les politiques diversité, équité et inclusion (DEI), certaines entreprises françaises ont eu la surprise, le 28 mars dernier, de recevoir une lettre de l'ambassade des États-Unis leur demandant de certifier qu'elles ne déploient pas de politique DEI pour continuer à fournir leurs services.

Lors d’un atelier sur la polarisation des discours organisé fin 2023 avec nos membres, nous avions déjà eu l’occasion de voir comment les procès en wokisme tendent à rendre inaudibles les luttes contre les discriminations et conduisent à une disqualification systématique des actions déployées au sein des organisations.

Le wokisme comme épouvantail

Les accusations de wokisme rappellent la stratégie de mobilisation contre le Mariage pour tous en 2013 : un des principaux arguments était alors celui de la dénonciation de la « théorie du genre » comme d’un concept délétère et dangereux pour le tissu social et affectif. Pourtant, la « théorie du genre » n’existe pas, dans le sens où c’est une mauvaise traduction de gender theory, les « études sur le genre », qui est un champ de recherche sur les rapports sociaux entre les genres. 
Ainsi, il a fallu lutter contre un argument malhonnête et fallacieux, érigé en épouvantail et n’ayant de prise que dans les mouvances réactionnaires. 
C’est un peu ce qui se passe pour le wokisme : si l’origine de ce terme se réfère à l’éveil des consciences (to stay awake) et la mobilisation face aux injustices, il a été érigé par l’extrême-droite française comme une idéologie revendicatrice et clivante qui serait l’étendard des personnes cherchant à lutter contre les discriminations et les inégalités.  

Dès lors, de quoi le wokisme est-il le nom ? Comment les Responsables D&I peuvent-ils et elles répondre à l’argument qu’« on ne peut plus rien dire » ou, à l’inverse, gérer des comportements de personnes qui revendiquent de dire ce qu’elles pensent sans complexe ? Comment lutter contre la diversity fatigue, cette lassitude qui détourne des initiatives déployées ?

De la résilience

Pour ne pas succomber à la sidération et à l’inaction, Laure Bereni, Directrice de recherche au CNRS et autrice de l'ouvrage Le management de la vertu décrypte pour nous l’actualité des derniers mois et revient sur la notion de résilience. L'entretien a eu lieu le 6 mars dernier, en amont de l'envoi de la lettre par l'ambassade des États-Unis.

 

 

Illustration : Faris Mohammed, Unsplash